Détails

Format : Livre broché
ISBN : 9782915255065
Collection : Les bilingues
12.5 x 18 cm
Poids : 322 gr
Nombre de page : 336
Première publication : 30/03/2003
Dernier tirage : 03/2003
CLIL : 3621
BISAC : FIC123000

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Le Rire de la terre

Anthologie de nouvelles birmanes
bilingue birman-français

Traduction : Denise Bernot

Anthologie de nouvelles birmanes traduites et présentées par Denise Bernot.

Les sept nouvelles de ce recueil, écrites au cours de la décennie 1950-1960, témoignent de l'explosion littéraire extraordinaire qui a suivi l'indépendance (1948). Ce surgissement n'est brusque qu'en apparence; il correspond à l'éveil progressif de tendances en gestation depuis trente ou quarante ans du fait de la découverte des littératures étrangères. De traductions en adaptations, puis en transpositions libres et enfin en œuvres originales, une nouvelle littérature se développa et les problèmes de l'époque trouvèrent un moyen d'expression adéquat et moderne. Par le choix des textes, par la vivacité de la traduction, par son introduction et ses commentaires, Denise Bernot nous met en situation de saisir l'esprit et de goûter la saveur de ces récits sensibles et originaux.

Livre papier 16,00 €

BIOGRAPHIES DES CONTRIBUTEURS

Denise Bernot

Denise Bernot, née Clément, le 4 février 1922 à Paris et décdée le 12 mai 2016 à Antony, est une linguiste française, spécialiste de la langue birmane. Elle a dirigé le département d’études birmanes de l’INALCO. Coauteur du Manuel de birman, de la Grammaire birmane et du Dictionnaire français-birman publiés à l'Asiathèque, elle est l’auteur de nombreux ouvrages et traductions portant sur la langue et la littérature birmanes.

Tè Tô

Tè Tô, ou Ong Phé de son nom véritable, est né en 1914 à Syriam. À partir de 1930 il fit ses études à l'université de Yangong (Rangoon). Ses études terminées, il exerça diverses professions libérales, enseignant l'anglais à l'université, puis travaillant dans l'administration coloniale anglaise comme traducteur, il devint représentant de l'Associated Press. Peu à peu il se rapprocha du monde des lettres, faisant partie de commissions littéraires, de l'équipe de l'Encyclopédie birmane, éditant des journaux. Depuis longtemps il publiait des traductions de l'anglais, mais avec son « Fonctionnaire » (Ming hmou dang, 1940) il fit œuvre originale. Ce roman reçut le prix littéraire « Sapé bei'mang » en 1950. L'auteur dépeint l'administration d'avant-guerre en se servant de ses expériences personnelles. Il a écrit de nombreuses nouvelles, qui vont de la petite histoire sans prétention, d'un réalisme et d'une drôlerie crus. comme son « Ba Mo sans cervelle » (revue Chou mewa novembre 1955), à l'analyse de caractère, impitoyable et sarcastique, comme dans « À fleur de peau » (Chou mewa, septembre 1957) ; Tè 'Tô a également écrit des essais sur la littérature et des poèmes.

Mô Wé

Khing Mung Dji est né en 1927. Outre Mô Wé, il a utilisé divers noms de plume, écrivant énormément, dans des genres très différents : traductions d'œuvres anglaises, ouvrages d'érudition, romans policiers et d'espionnage, nouvelles littéraires, articles de journaux. Il commença d'être connu dans le monde des lettres à partir de 1946, par ses romans ; ses nouvelles ont surtout été publiées dans les revues Ngwé Tayi et Mya wedi, comme « La force de l'habitude », parue en avril 1956. Dans ses œuvres les plus personnelles, il apparaît comme un écrivain généreux, sensible à toutes les formes d'exploitation, plein d'humour et de tendresse. Mô Wé est mort en 1967.

Çadou

De son vrai nom Phe Çang, Çadou, naquit en 1917 dans une famille peu fortunée ; il fréquenta l'école jusqu'à la 9e classe puis dut travailler. S'engageant dans la politique, il entra avant la guerre dans l'association nationaliste « Dô bema ». Il fonda une imprimerie ; pendant la guerre il suivit l'armée de libération du général Aung Shang (Aung San). Après la guerre, il se consacra à la littérature, écrivant des romans, comme Ta thè ga mya kô kô, « le Cher Soldat valeureux », Eçè, « la Vie », et de nombreuses nouvelles, où il se révèle un fin psychologue, sensible aux problèmes sociaux et aux problèmes ethniques, comme dans « Amina» paru dans Chou mewa en septembre 1957. Il remporta le prix Sapé bei'mang en 1951. Outre ses activités d'écrivain, Çadou, publia une revue et s'occupa d'une compagnie cinématographique.

Ngwé Tayi

Ngwé Tayi, poétesse et romancière, eut pour nom véritable Ma Khing Yi. Née en 1925 à Yangong (Rangoon), elle mourut en 1958. De santé fragile, elle ne put longtemps fréquenter l'école, mais prit des leçons de littérature classique birmane et d'anglais. En 1952, elle épousa un écrivain, puis voyagea en Inde et en Europe (Angleterre, Hollande, Belgique, France, Italie, Suisse) et revint par bateau, visitant l'Égypte et Ceylan au passage. Elle mourut à trente-trois ans, laissant une petite fille. Dans sa brève existence, elle écrivit sans relâche, composant environ huit cents poèmes dont une partie ont été publiés en 1960. Elle nous a laissé des nouvelles, telles que « Comme un oiseau », (Chou mewa, mars 1956) dans laquelle transparaissent, outre sa sensibilité poétique, ses dons d'observation, sa finesse psychologique et une chaleureuse sympathie pour les êtres. Ses poèmes font apparaître un autre aspect de sa vision du monde: le désenchantement, le refus de l'illusion, par lesquels s'exprime sa conviction bouddhiste de l'impermanence et de la vanité des biens de ce monde. Une revue littéraire, qui paraît toujours, porte le nom de Ngwé Tayi et perpétue ainsi le souvenir de cette personnalité attachante, très aimée du public.

Çeing Phé Mying

Çeing Phé, dit « Çeing Phé Mying », est né en 1914 à Boudeling (Budalin) et il est mort en 1978. Il fit des études de droit à l'université de Calcutta, où il apprit également le pâli. Délégué, en 1936, au Congrès national indien, il participa, en 1939, à une mission en Chine. Pendant la guerre, il assura la liaison entre les Alliés en Inde et la résistance birmane. Après la guerre, il participa activement à la vie politique : il fut membre de la Ligue antifasciste jusqu'en 1945, prit part officiellement à plusieurs missions birmanes : en Chine, en Angle­ terre, au Caire. Après un passage au Parti communiste, qu'il quitta, il fonda, en 1952, le « People's Unity Party » dont il fut le secrétaire général jusqu'en 1959, puis il fut l'un des dirigeants du « People's Comrade Party » ; de 1956 à 1961 il siégea comme député au Parlement ; sous le gouvernement Né Wing, il demeura très engagé dans la vie politique par ses écrits, manifestant sa fidélité à la « Voie birmane du socialisme ». Son rôle dans le monde littéraire birman fut très important : comme écrivain, bien entendu, mais aussi comme président de l'Association des Écrivains (1956-1958) puis comme son vice-président (1961) et comme éditeur d'un périodique : Bôtethaung. Il fut, par ailleurs, l'ambassadeur de la culture bir­mane à l'étranger : membre influent ou dirigeant d'associations culturelles comme la « Soviet-Burma Cultural Association», il fit partie d'une délégation d'écrivains birmans en Chine, au Japon et au Nord-Vietnam en 1961. Sa carrière littéraire commença avec le roman « le Bonze à la page» où il dénonçait la mondanité de certains bonzes; la réaction fut violente et le succès du livre en librairie fut considérable. Il continua à publier, toujours caustique, soulignant sans complaisance les défauts des hommes et surtout des sociétés, mais en même temps chaleureux et passionné sous l'humour du trait. Dans son long roman autobiographique : « Comme le soleil se lève à l'est » et dans ses récits de voyage, l'intérêt historique s'ajoute à la valeur littéraire. La plupart de ses très nombreuses nouvelles, publiées d'abord dans des revues, furent réunies ensuite en recueil. Dans toute son œuvre, il s'est acharné contre la corruption, l'hypocrisie et l'injustice qu'il a décrites avec une sorte de fausse candeur.