Éditions L'Asiathèque - Maison des langues du monde, Paris, France

Littérature

La Tête du professeur Dowell
Alexandre Beliaev
Préface de Philippe Curval
Traduction : Aselle Amanaliéva


Le laboratoire du Pr Kern à Paris se révèle des plus étranges ! C’est saisie d’effroi mais aussi emplie de curiosité que Marie Laurane, jeune femme médecin recrutée par le savant, prend connaissance des mystérieuses expériences en cours. Elle a, en effet, pour tâche principale de veiller sur la tête de feu le Pr Dowell, célèbre scientifique dont les recherches sur la revivification de têtes animales séparées de leur corps avaient fait grand bruit. Douée de raisonnement et de parole, mais aussi capable d’éprouver des sentiments, la tête du professeur est bientôt rejointe par deux autres « spécimens » devant servir le but ultime du Pr Kern : la greffe d’une tête sur un corps étranger… comme une vie ainsi rendue à deux êtres distincts désormais réunis en un seul. Du machiavélisme du Pr Kern aux manipulations psychologiques dont sera victime la jeune Laurane, internée contre son gré dans une clinique psychiatrique, les réflexions soulevées par ce livre font plus que jamais partie de nos préoccupations actuelles. La vie, la mort et surtout la fragile frontière entre ces deux états ; les réactions humaines suscitées (sentiment amoureux, mélancolie, dégoût ou encore colère et abattement) par ces avancées scientifiques prométhéennes, autant de thèmes abordés par le biais d’une science-fiction à visée philosophique. Adaptée au théâtre et au cinéma, la Tête du professeur Dowell a étonné et passionné bien des générations de russophones. Ainsi qu’il le raconte lui-même, Alexandre Beliaev fut sa propre source d’inspiration: « Une fois, la maladie me tint cloué au lit pendant trois ans et demi. Elle s’accompagna d’une paralysie de la moitié inférieure du corps. Et malgré le fait que j’avais toujours l’usage de mes bras, ma vie à cette période se réduisit à la vie d’une tête sans corps que je ne sentais plus… C’est là que j’ai réfléchi et senti tout ce que peut subir une tête sans corps. »

L’auteur : Alexandre Beliaev naquit le 4 mars 1884 à Smolensk (Russie). Enfant passionné, vif et doué, le jeune Alexandre s’intéressa très tôt à la musique et à la photographie. Captivé par les romans de Jules Verne, il entreprenait des voyages « au centre de la Terre » et inventait divers objets ou histoires fantastiques. Étudiant en histoire de l’art, ancien séminariste, il devint ensuite juriste. Une de ses passions fut le théâtre: tour à tour metteur en scène, auteur ou acteur, Beliaev savait illuminer un spectacle de mille couleurs mais aussi le remplir de musique et de chants. C’est dès 1923, alors qu’une terrible maladie l’avait gravement atteint entre 1916 et 1922, qu’Alexandre Beliaev se mit à composer nouvelles et récits de science-fiction parmi lesquels la Tête du professeur Dowell — l’un des premiers à avoir été traduits en anglais. Auteur prolifique côtoyant Alexeï Tolstoï, Yuri Tynyanov ou Vyatcheslav Chichkov à Pouchkine où s’était développée une sorte de « société littéraire », Beliaev s’éteignit en janvier 1942. Soixante ans plus tard, l’un des plus grands auteurs qu’ait connu la science-fiction russe est une découverte pour le public français.

Du même auteur, collection Bilingues L & M no 13 : Le Pain éternel



Date de publication : 2006
Livre de 280 p.,  au format 13,5 x 21,5
22 €, ISBN : 978-2-91-525544-7


Roman traduit du russe