Littérature
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La Tête du professeur Dowell Alexandre Beliaev Préface de Philippe Curval Traduction : Aselle Amanaliéva Le laboratoire du Pr Kern à Paris se révèle des plus étranges ! C’est saisie d’effroi mais
aussi emplie de curiosité que Marie Laurane, jeune femme médecin recrutée par le
savant, prend connaissance des mystérieuses expériences en cours. Elle a, en effet, pour
tâche principale de veiller sur la tête de feu le Pr Dowell, célèbre scientifique dont les recherches
sur la revivification de têtes animales séparées de leur corps avaient fait grand bruit. Douée
de raisonnement et de parole, mais aussi capable d’éprouver des sentiments, la tête du professeur
est bientôt rejointe par deux autres « spécimens » devant servir le but ultime du Pr Kern : la
greffe d’une tête sur un corps étranger… comme une vie ainsi rendue à deux êtres distincts
désormais réunis en un seul.
Du machiavélisme du Pr Kern aux manipulations psychologiques dont sera victime la jeune
Laurane, internée contre son gré dans une clinique psychiatrique, les réflexions soulevées par
ce livre font plus que jamais partie de nos préoccupations actuelles. La vie, la mort et surtout la
fragile frontière entre ces deux états ; les réactions humaines suscitées (sentiment amoureux,
mélancolie, dégoût ou encore colère et abattement) par ces avancées scientifiques prométhéennes,
autant de thèmes abordés par le biais d’une science-fiction à visée philosophique.
Adaptée au théâtre et au cinéma, la Tête du professeur Dowell a étonné et passionné bien des
générations de russophones. Ainsi qu’il le raconte lui-même, Alexandre Beliaev fut sa propre
source d’inspiration: « Une fois, la maladie me tint cloué au lit pendant trois ans et demi. Elle
s’accompagna d’une paralysie de la moitié inférieure du corps. Et malgré le fait que j’avais
toujours l’usage de mes bras, ma vie à cette période se réduisit à la vie d’une tête sans corps que je
ne sentais plus… C’est là que j’ai réfléchi et senti tout ce que peut subir une tête sans corps. »
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